Histoire de la réalité virtuelle thérapeutique en 3 points clés

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L'histoire de la réalité virtuelle thérapeutique est aussi récente que dense.

Quelle est l’origine des thérapies par réalité virtuelle ?

 

Oculus Rift, Playstation VR, HTC Vive… Vous avez sûrement déjà rencontré un de ces modèles dans un rayon de magasin. Certes, les lunettes 3D ont acquis leur popularité à travers le divertissement, mais saviez-vous qu’elles bénéficient d’une tout autre utilité ? Aujourd’hui les hôpitaux et les cabinets emploient régulièrement cet outil pour apaiser les patients qui viennent les consulter. Alors comment cette technologie a-t-elle atteint le domaine des soins et quel est son intérêt ? Nous vous proposons d’en apprendre davantage sur l’histoire de la réalité virtuelle thérapeutique avec 3 points clés : ses débuts, son développement et son utilisation actuelle.

 

1. Tout commence dans les années 90 avec l’objectif de vaincre les phobies

 

À l’origine, la réalité virtuelle n’était pas destinée au secteur médical. En 1962 lorsque Morton Heilig conçoit sa machine Sensorama, le concept repose plus sur une exploration des sens que sur un travail thérapeutique. Si l’outil s’est ensuite perfectionné pour attirer le domaine spatial et militaire, il faudra attendre les années 90 pour que son champ d’horizon s’ouvre vers la santé. 

Quelle fut donc la première utilisation de ce dispositif immersif ? Des chercheurs décidèrent dès les années 95 d’exploiter les possibilités de ce système innovant pour affronter les angoisses des patients. En effet, un moyen efficace de lutter contre une phobie est d’exposer une personne à sa peur. De cette manière, elle parvient progressivement à apprivoiser ses émotions et à les surmonter. Cependant, rassembler des araignées velues dans un espace ou tenir quelqu’un près d’un précipice sont des situations difficiles à mettre en place. En revanche, la réalité virtuelle offre un cadre sécurisant pour les créer de manière contrôlée et répétée. Les environnements 3D présentent l’avantage d’être convaincants et de travailler sur les phobies avec une certaine distance. De plus, le côté ludique propose une approche plus attrayante qu’une thérapie classique.

 

Avec cet objectif en tête, Daniel Mestre, directeur de recherche au Centre de réalité virtuelle de la Méditerranée, et son équipe ont élaboré huit environnements virtuels pour aider les patients acrophobes. Ainsi, ils évoluent dans une maison avec une balustrade, un ascenseur ou au milieu d’un canyon avec un pont en bois, selon leur état d’avancement. Dans la même logique, Hunter Hoffman, directeur du centre de réalité virtuelle de l’université de Chicago, a conçu le monde virtuel SpiderWorld pour lutter contre l’arachnophobie de sa patiente. Après 10 séances d’une heure, le succès est retentissant puisqu’elle parvient à tenir une tarentule vivante entre ses mains. 

Ces premières perspectives ouvrent un nouveau champ d’expérimentation. Cette technologie s’éloigne ainsi de son aspect divertissant ou pédagogique pour explorer le domaine du soin. Vous vous en doutez, l’histoire de la réalité virtuelle thérapeutique ne s’arrête pas là. Quelques années plus tard, les recherches vont aller encore plus loin.

 

2. Des recherches qui conduisent au premier programme de réalité virtuelle thérapeutique : SnowWorld

 

Et si l’immersion offerte par la réalité virtuelle permettait de diminuer la douleur en détournant l’attention du sujet ? En règle générale, plus nous pensons à notre souffrance, plus celle-ci se trouve au centre de nos préoccupations. Connaître cette évidence est une chose, s’en détacher en est une autre. C’est précisément ici que les casques VR (virtual reality) interviennent.

L'univers de réalité virtuelle SnowWorld fut créé dans le but de réduire la douleur des patients grands brûlés.

Crédit photo : SnowWorld – Université de Washington

Hunter Hoffman fut un pionnier dans l’expérimentation de cette hypothèse. Il s’intéressa d’abord aux cas de grands brûlés. En effet, les séances de soins de ces patients prennent une tournure cauchemardesque lorsque les plaies doivent être rouvertes pour mieux être traitées. Pour limiter cette souffrance, le chercheur a mis au point un monde virtuel conçu spécialement pour les soustraire à la douleur : un univers enneigé avec des igloos, des pingouins et des bonhommes de neige. Ainsi, le patient parcourt un canyon à l’aide d’un joystick et lance des boules de neige. Ce paysage givré vise à contrer les brûlures ressenties par le patient.

Comment évaluer l’efficacité de cette démarche ? Pour le savoir, Hunter Hoffman a réalisé des IRM (imagerie par résonance magnétique) avec et sans lunettes de réalité virtuelle pour comparer l’activité cérébrale des patients. Le résultat ? L’activité de différentes régions impliquées dans le contrôle de la douleur et la gestion des émotions évolue avec l’utilisation de la VR. Les patients évoquent d’ailleurs une diminution de 25 à 50 % de l’intensité et du caractère désagréable des douleurs.

IRM montrant l'activité cérébrale avec l'utilisation de la réalité virtuelle et sans.

Crédit photo : Université de Washington

Cette réussite est d’autant plus significative que le matériel utilisé à l’époque se révèle encombrant et limité. Or, plus l’immersion est réaliste, plus la diminution de la douleur sera conséquente. Aujourd’hui, la technologie a permis de perfectionner le dispositif en proposant un univers plus immersif et réaliste. Le principe reste cependant le même : mobiliser les ressources d’attention du patient pour qu’il se détourne des signaux de douleur. 

Les avancées matérielles ne constituent pas l’unique changement survenu depuis. En effet, les cas d’applications se sont multipliés. Des soins dentaires en passant par des gestes chirurgicaux comme les transfusions, l’endoscopie ou des ponctions, mais aussi en salle d’accouchement, les lunettes virtuelles ont conquis le secteur médical et pour cause, de nombreuses études attestent de son effet analgésique et anxiolytique.

 

3. Une thérapie pour lutter contre l’anxiété et la douleur qui s’étend depuis à d’autres domaines

 

Depuis les premiers travaux effectués par Hoffman et son équipe, l’utilisation de la réalité virtuelle a évolué de manière fulgurante et dans des cas de figure surprenants. L’équipe de Max Ortiz-Calan s’est par exemple concentrée sur les douleurs chroniques liées à un membre fantôme. Le dispositif consiste à enregistrer l’activité des muscles restants du membre amputé, puis de les traiter grâce à une intelligence artificielle. Ces données permettent ensuite d’animer un membre virtuel visible et pilotable par le patient. 

Après douze séances, l’intensité et la fréquence des crises douloureuses ont diminué de moitié, de même que leur émergence durant la nuit (- 60 %) et un des volontaires a réduit de 80 % sa consommation d’antalgiques. Ces résultats prometteurs devront être confirmés avec des essais cliniques, néanmoins il est difficile d’en nier l’effet positif.

La réalité virtuelle thérapeutique s'est étendue à de nombreux domaines dans le secteur de la santé.

Avec la réduction de la douleur, le dispositif s’accompagne aussi d’une diminution de l’anxiété. Ce dernier point a permis de diversifier l’action de la réalité virtuelle thérapeutique et d’intervenir tout au long du parcours de soin. Grâce à cet effet, le dispositif s’applique à toutes les personnes soumises à un environnement stressant, comme les soignants.

Ainsi, les casques de réalité virtuelle contribuent à faciliter les gestes cliniques, les examens et à apporter un sentiment de bien-être dans des situations anxiogènes. Parmi les nombreux cas d’application, ils permettent de :

Nous pourrions continuer cette liste encore longtemps tant cet outil s’applique à de nombreux cas de figure. 

 

L’histoire de la réalité virtuelle thérapeutique reste récente, mais l’évolution qu’elle a connue démontre les potentialités du dispositif. Les innovations tendent vers une meilleure prise en charge du patient, que ce soit avec un matériel qui s’allège, des simulations qui s’affinent ou des techniques complémentaires qui s’ajoutent. Nous utilisons par exemple les bienfaits de la musicothérapie, de la cohérence cardiaque ou de l’hypnose pour rendre notre solution Healthy Mind encore plus performante. 

 

Sources :