Réduire l’anxiété des enfants à l’hôpital : 6 techniques efficaces

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reduction of children anxiety in hospital

Anxiété, inconfort, désorientation, sentiment d’impuissance ou d’abandon… L’hospitalisation d’un enfant est source de stress pour le jeune patient, comme pour les parents qui l’accompagnent. Une anxiété qui n’est pas à prendre à la légère, puisqu’elle peut entraîner une augmentation des doses d’antalgiques, des douleurs postopératoires, des troubles du comportement… Dès lors, comment réduire l’anxiété des enfants à l’hôpital, en particulier avant une opération ? Voici quelques solutions qui ont déjà fait leurs preuves dans de nombreux établissements de santé.


1. Le jeu thérapeutique pour réduire l’anxiété des enfants à l’hôpital

Le jeu thérapeutique vise à présenter les soins opératoires à l’enfant de manière ludique et pédagogique, par le biais de jouets, poupées ou peluches. Ce jeu de rôle peut s’effectuer à l’initiative des parents ou des équipes soignantes, à la maison ou à l’hôpital. Certains hôpitaux proposent par exemple ce jeu médical lors de la visite pré-opératoire. 

Pour que le jeu thérapeutique soit efficace, deux éléments sont à prendre en compte : 

  • Expliquer la situation et les actes médicaux en termes compréhensibles.
  • Utiliser le matériel médical le plus proche de la réalité, pour que l’enfant puisse se familiariser avec. 

Par le biais de ce jeu, l’enfant exprime ses craintes et pose ses questions. Il peut ainsi se préparer psychologiquement à l’intervention, tout en comprenant mieux sa nécessité. 

Depuis quelques années, les facultés de médecine françaises mettent en place des journées dédiées à l’Hôpital des Nounours. Le but de ces journées ? Familiariser les enfants à l’univers de la santé ! Chacun d’entre eux est donc invité à venir soigner son nounours. Une fois sur place, l’enfant parcourt les différents services hospitaliers (stands animés par les étudiants), et rencontre les professionnels de santé incarnés par les étudiants (infirmiers, anesthésistes, pharmaciens, chirurgiens…). Par le biais de ces soins, opérations et médications prodigués aux nounours, les étudiants expliquent les différentes étapes du parcours de soin aux enfants.


2. Les applications sur tablettes 

Certains établissements de santé mettent des tablettes à disposition des enfants hospitalisés. Depuis ces tablettes, le jeune patient peut visionner des vidéos explicatives sur son parcours de soin, ou encore répondre à des quizz… Une manière ludique, divertissante et interactive de transmettre des informations, tout en impliquant l’enfant hospitalisé dans son parcours de soin. 

Le CHU de Rennes a notamment développé une application sur tablette intitulée “Le héros, c’est toi !”. Via cette application, le jeune garçon ou la jeune fille peut créer un avatar et passer les étapes de son parcours médical, comme il validerait des niveaux dans un jeu vidéo. Cette application permet également à l’équipe soignante de prendre plus facilement la tension d’un enfant, occupé à gonfler un ballon virtuel sur sa tablette. 



3. La customisation de l’environnement hospitalier 

Certains groupes hospitaliers ont fait le choix de décorer et de customiser leurs espaces intérieurs : 

  • Décoration des plafonds et des murs : certaines salles revêtent parfois les motifs et les couleurs d’univers spécifiques (bateau de pirates, monde féérique, ile au trésor…).
  • Customisation du matériel médical, tel que des prothèses bariolées aux couleurs de super héros.
  • Déguisement du personnel soignant et des enfants.

Au sein de la polyclinique Saint-Laurent de Rennes, le service IRM a été entièrement relooké : les murs sont recouverts d’étoiles et de fusées, et les IRM se transforment en véritables “voyages dans l’espace”. Quant aux soignants – déguisés en cosmonautes -, ils proposent aux enfants de se déguiser à leur tour en super héros ou en princesses. Pour terminer, ils les invitent à monter à bord de la fusée tout en les préparant “au décollage”. Cette interaction permet notamment : 

  • une meilleure coopération entre l’équipe médicale et l’enfant ;
  • de détourner l’attention de l’enfant ; 
  • de dédramatiser la situation.

4. Des voiturettes pour emmener le patient jusqu’en salle d’opération

L’un des moments les plus anxiogènes de l’hospitalisation d’un enfant est sans nul doute la séparation avec ses parents, avant d’être amené au bloc opératoire. Dès lors, pourquoi ne pas emmener un enfant au bloc dans une voiturette électrique, plutôt que sur un brancard ? C’est le choix qu’ont déjà fait de nombreux établissements hospitaliers français. Arrivé à proximité du bloc opératoire, le jeune patient peut choisir le bolide de son choix parmi plusieurs modèles colorés : cabriolet rose, Ferrari rouge, moto… Après avoir installé l’enfant dedans, le soignant téléguide ou pousse la voiturette jusqu’à la salle d’opération. 

Ces voiturettes ont un double avantage : elles divertissent l’enfant, tout en facilitant la séparation avec les parents accompagnateurs.



5. La visite de clowns, magiciens et autres artistes professionnels

Les clowns chargés de venir distraire les enfants hospitalisés rencontrent un réel succès depuis de nombreuses années. Selon les résultats d’une étude du British Medical Journal, la présence de clowns permettrait de réduire l’anxiété, la douleur, la fatigue et le stress des enfants à l’hôpital (Lopes-Junior, 2020). Elle serait bénéfique pour le bien-être psychologique et émotionnel de l’enfant et des parents par le biais du divertissement, du détournement de l’attention, ou de la stimulation de l’imaginaire. 

C’est pourquoi de nombreux clowns, magiciens et marchands de sable continuent à divertir les enfants hospitalisés grâce à leur gaieté et à leur créativité (tours de magie, histoire, contes, chansons, blagues, pitreries…). C’est notamment le cas d’associations telles que “Le Rire Médecin” ou “Les Clowns de l’Espoir”.

Derrière ces clowns se cachent en réalité des artistes professionnels ou amateurs (comédiens, conteurs, marionnettistes, magiciens…), tous étant doublement formés à une activité artistique et à l’intervention en milieu hospitalier.


6. La relaxation et l’hypnose par réalité virtuelle

Pour relaxer un enfant hospitalisé, l’hypnose médicale par réalité virtuelle est une technique qui a également fait ses preuves. En proposant des casques de réalité virtuelle thérapeutique, Healthy Mind est en mesure de détendre un jeune patient à tous les stades de son hospitalisation, c’est-à-dire avant, pendant ou après une opération.

Le fonctionnement de ces outils est très simple : l’enfant hospitalisé place le casque sur son visage pour pouvoir profiter d’une immersion 3D. Dès lors, le jeune patient est plongé dans des univers enchantés (jardin zen, plongée, forêt…), aux décors visuels et sonores relaxants. Un accompagnement verbal, basé sur les principes de l’hypnose médicale, l’invite à respirer et à se détendre. 

Ainsi, les casques de réalité virtuelle Heathy Mind sont utilisés dans plusieurs cas d’application pour relaxer les enfants, à savoir : 

  • la réanimation pédiatrique ;
  • la pose de perfusions et de pansements ou de plâtre ;
  • les soins palliatifs ; 
  • la chirurgie ; 
  • la prise en charge péri-opératoire de l’enfant.

D’ailleurs, les bienfaits relaxants des casques virtuels Healthy Mind ont été prouvés dans le domaine de la chirurgie scoliose idiopathique (Assaker, 2020) :

  • Diminution de 40 % de l’anxiété pré-opératoire ;
  • Diminution de 80% de la consommation de morphine.

Ils ont également été prouvés dans le cadre de la prise en charge péri-opératoire de l’enfant. En effet, le recours aux casques Healthy Mind a permis de diminuer l’anxiété du jeune patient et du parent accompagnateur (Marsac, 2019) :
– Diminution de 57 % de l’anxiété préopératoire de l’enfant ;
– Diminution de 57 % de l’anxiété du parent accompagnateur.



En somme, les techniques pour réduire l’anxiété des enfants à l’hôpital ont de nombreux bénéfices : divertissement, préparation psychologique à l’acte médical, meilleure compréhension du parcours de soin, dédramatisation de l’intervention… Elles permettent également de réduire les prises médicamenteuses pré-opératoires, et détendent le parent accompagnateur qui sera alors en mesure de rassurer l’enfant hospitalisé. Parmi les techniques présentées dans cet article, l’hypnose médicale par réalité virtuelle est également utilisée pour détendre les adultes hospitalisés. Ainsi, les casques de réalité virtuelle pour les patients sont déjà proposés dans certains établissements de France, de Suisse et de Belgique. 


Sources : 

  •  Lopes-Junior. L-C. (2020). Effectiveness of hospital clowns for symptom management in paediatrics: systematic review of randomised and non-randomised controlled trials. British Medical Journal, 371(4290), pp. 1-10.
  • Assaker R. (2020). Efficacité de la réalité virtuelle dans la réduction de l’anxiété et de la douleur lors de la chirurgie de la scoliose idiopathique en pédiatrie. Congrès de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR).
  • Marsac L. (2019). Évaluation d’un casque de réalité virtuelle dans la prévention de l’anxiété péri-opératoire chez l’enfant. Congrès de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR).